GUINEE-BISSAU: La CEDEAO en terrain favorable

Le premier contingent de soldats de la CEDEAO sont arrivés en Guinée Bissau. Il s’agit de 70 éléments burkinabè. Le but de ce déploiement des forces en attente de la CEDEAO est de garantir la protection des personnalités du gouvernement, des édifices publics, et de faciliter le retrait de la MISSANG (Mission militaire technique angolaise pour l’assistance et la réforme) présente en Guinée-Bissau depuis mars 2011. Ce déploiement a lieu au moment où le retour à l’ordre constitutionnel normal est enclenché après le coup d’Etat du 12 avril dernier, avec la nomination du Premier ministre de la transition en la personne de l’économiste Rui Duarte Barros. Avant lui, c’est le président de la transition proposé par la junte, Manuel Serifo Nhamadjo, qui avait été nommé. On remarquera que le président par intérim au moment du coup d’Etat, Raimundo Pereira, et le Premier ministre favori du second tour de l’élection présidentielle, Carlos Gomès Junior, ont été mis de côté. C’est le compromis que la CEDEAO a été obligée de trouver avec les putschistes, pour que ces derniers acceptent, en retour, le déploiement de la force en attente pour veiller sur la transition. Pour cela, l’organisation sous-régionale s’est mise à dos les partisans de l’ancien parti au pouvoir dont bon nombre de membres ont décidé de boycotter le processus de sortie de crise. A l’analyse, l’option de la CEDEAO était un moindre mal. Il fallait passer cet accord avec les putschistes qui se sont montrés plus coopératifs, pour éviter un enlisement de la situation comme au Mali. Autrement, l’organisation sous-régionale se serait retrouvée avec deux crises à gérer ; ce qui n’aurait pas été chose aisée. Pour s’être montrée souple et pragmatique, quitte à donner l’impression d’avoir cédé surtout face à la junte bissau-guinéenne, la CEDEAO a balisé le terrain pour un déploiement sans encombre de ses troupes. Elle est en terrain favorable et le Nigeria qui ne voyait pas d’un bon œil la présence d’un détachement militaire angolais en Afrique de l’Ouest, a une occasion en or de faire partir en douceur les troupes angolaises. C’est, d’ailleurs, le sens qu’il faut donner à l’empressement d’Abuja de déployer ses troupes. La situation favorable qui s’offre à la CEDEAO en Guinée-Bissau contraste avec celle du Mali. Là-bas, les troupes qu’elle veut déployer à Bamako pour sécuriser la transition ne sont pas les bienvenues. Elles sont rejetées par la junte qui a perpétré le coup d’Etat du 22 mars 2012. La médiation y a du plomb dans l’aile. C’est là où on pensait d’emblée qu’il n’y aurait pas de difficultés (le Mali), que, contre toute attente, la machine s’est grippée. En revanche, là où il y avait des appréhensions (Guinée-Bissau) compte tenu de l’instabilité chronique des institutions républicaines et de l’opposition farouche à la présence de troupes étrangères (le président assassiné, Nino Vieira, avait demandé en vain un déploiement militaire de la CEDEAO pour le protéger de sa propre armée), il y a eu plus de peur que de mal. Il reste à la CEDEAO à aider à la pose des jalons solides d’un Etat de droit en Guinée Bissau. Plaise au ciel que le coup d’Etat du 12 avril dernier soit le dernier dans ce pays qui s’est négativement illustré, depuis son indépendance en 1974, sur le plan des pronunciamientos.

 

Séni DABO: La CEDEAO en terrain favorable

 

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