BURKINA FASO : elections, alternance…Cohabitation

PAR SAN FINNA. Les élections au Burkina Faso se sont suivies en se ressemblant toujours. Impréparation, fraudes, corruption, intimidation, chantage, abus des avantages étatiques, inféodation des chefs coutumiers, des forces de défenses et de sécurité, des opérateurs économiques… le tout ayant concouru à nous affubler de cette démocratie indigeste qui résiste aux vrais reformes pour favoriser une transition démocratique pacifique.

La 4e République dans la classification des régimes parlementaires, vient curieusement, en dépit  de sa durée de vie, bonne derniere  !Elle a, sur la base d’une constitution avant-gardiste, enfantée des institutions, des pratiques qui ont forgé une démocratie Canada dry, déconnectée du peuple. Les choses auraient pu continuer comme ça jusqu’à la consécration de la République monarchique si, des  circonstances internes et externes n’étaient pas venues bouleverser les données.

Au plan national, la dernière vague de mutineries et d’émeutes suite à l’affaire Justin Zongo en 2011, a conseillé au  chef de l’état de rentrer véritablement dans une dynamique de reformes. De nouvelles déterminations exprimées par des partis politiques et des organisations de la société civile montrent par ailleurs des résistances en consolidations contre les pratiques du passé. Le parti au pouvoir de surcroit connait une crise sans précédent due à l’usure du temps, aux mauvaises décisions…..

Au plan international, nous avons eu droit au printemps arabe, avec  un effet propagateur de la revendication démocratique extraordinaire dans le monde entier. Sur la lancée et avec l’arrivée de  Alain Juppé aux affaires étrangères, la France s’inscrit dans le camp de ceux qui combattent l’embourbement des présidents au pouvoir, elle obtient ainsi, que  Blaise Compaoré renonce à revisiter l’article 37 pour briguer un énième mandat.

Les conditions du changement sont réunies. Encore faudrait- il se doter de stratégies efficientes pour faire échec aux manœuvres du pouvoir qui n’ont pas pris une ride.   L’alternance en 2015 est devenue une victoire possible. Grâce aux moyens de communication et à la faveur des élections au Sénégal et en France, elle devient même une demande populaire. Pour autant, il y a des barrières à surmonter avant d’y arriver.

La première est celle de l’unité au sein des contre pouvoirs. Sans un front uni de l’opposition et de la société civile, l’alternance restera un vain mot. Les sénégalais, qui ont bâti une union trans idéologique de  l’opposition et de la société civile, l’ont bien compris.

La  seconde  est celle de l’enrôlement. Le pouvoir a concédé  la biométrie, il a mis le paquet pour la mobilisation des fonds,  l’encadrement technique …. Mais il n’a rien fait pour restaurer l’élément manquant le plus important: la confiance des citoyens en la démocratie, telle que mise en œuvre chez nous. Ensuite, rien n’a été fait concernant  l’assurance dans des modalités électorales qui permettent des  compétitions transparentes, loyales, équitables. Il eut fallut, à cet effet, déclencher un véritable mouvement de réconciliation entre l’électeur et le bulletin de vote et surtout engager un retour au respect de l’autorité de l’état qui connait une chute abyssale historique.

Mais si rien n’est fait, peut- être aussi que le pouvoir en escompte des gains électoraux ! La désaffection populaire à l’endroit du scrutin par de faibles inscriptions et participations, peut jouer en faveur de votants favorables à ses candidats. Raison de plus pour créer l’engouement du changement afin de booster l’enrôlement. L’objectif cependant ne peut être atteint que par une certaine mutualisation des capacités des partis de l’opposition et de la société civile.

La troisième condition d’une victoire, c’est l’élaboration d’une stratégie de conquête globale de l’alternance par strates. Réaliser l’essai de la petite alternance en conquérant la majorité parlementaire pour le front uni de l’opposition. L’élaboration consensuelle d’un maximum de listes communes, peut en effet conduire à une cohabitation avec la nomination d’un premier ministre de l’opposition. L’obligation de nommer le premier ministre dans les rangs de la majorité parlementaire,  est une proposition consensuelle des derniers raouts sur les reformes.

La cohabitation gagnée en 2012 mettra alors l’opposition et ses alliés en mesure  de transformer l’essai ; de réaliser la grande alternance en remportant la présidentielle de 2015. Voilà le sens que devraient avoir les différentes consultations électorales à venir si les leaders de la différence sont véritablement habités par une alternance qui restitue au peuple son pouvoir souverain.

C’est aussi par ce moyen  (ce n’est pas superflus de le relever  ) qu’ils gagneront la réhabilitation dans le cœur du peuple pour leur manquement passé dont le pouvoir, qui savait fort  bien les favoriser, s’en accommodait si bien pour substituer sa légitimité à celle du peuple.

 

Elections au Burkina Faso : victoire finale, alternance, front uni, enrôlement, cohabitation

 

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