Réconciliation nationale et progrès pour l’Algérie

Qui des Tunisiens n’a pas un ami, un frère, un parent en Algérie ! Très peu. Les gamins que nous étions dans les années cinquante, se rappellent bien de la « voix d’Algérie » qui nous racontait quotidiennement la bravoure des Moujahidines dans les Aurès et ailleurs avec souvent, des poèmes patriotiques du grand Moufdi Zakariya, qui chantaient la gloire du FLN (Front de Libération Nationale) et de l’Algérie éternelle.

Je me rappelle aussi de ces cadres et officiers du FLN qui venaient se ressourcer et reprendre souffle dans notre ferme à Kalaât El Andalous au Nord-Est de la capitale. Toute notre famille était « FLN » de cœur, feu mon père était l’ami de feu les leaders Karim et Chérif Belgacem, et on attendait tous ce jour de gloire de l’indépendance de l’Algérie.

Par conséquent, ce pays qui a démontré au monde que la colonisation agressive, qui dure plus d’un siècle, n’est pas une fatalité irréversible, a une place à part dans le cœur des Tunisiens et la solidarité active lors des années de braise a scellé le destin unitaire de nos deux peuples qui ne font qu’un. Et pourtant, ce sont les Algériens qui nous connaissent plus qu’on ne les connaît. A la base de ce déficit si j’ose dire, c’est les moyens de communication surtout terrestres et maritimes. La construction d’une autoroute entre Tunis et Alger est plus qu’impérative. Idem d’une ligne ferroviaire rapide et confortable, car notre avenir est tout à fait lié à l’approfondissement des échanges économiques et sociaux avec ce pays immense et ambitieux.

J’en viens aux dernières élections législatives qui ont vu la victoire du FLN et de son allié le RND (Rassemblement National Démocratique) avec une majorité confortable de 288 sièges sur les 462 que compte la Chambre des députés (l’ANP) et là pour une surprise c’en est une… et c’est la bonne pour tout le monde ! je m’explique.

L’Algérie qui a souffert de l’Islamisme politique et ses fractions jihadistes armées en payant un lourd tribu de brisures de fractures avec des victimes innocentes qui comptent par dizaines de milliers, a choisi la voie de la renaissance apaisée et de la réforme au détriment du changement radical et violent. La force tranquille du Président Bouteflika a été plus que convaincante et les Algériennes et les Algériens ont adhéré à sa méthode et son projet civilisationnel avec deux thèmes mobilisateurs :

« Réconciliation nationale et progrès économique et social ». Le leader algérien ferme mais pragmatique a réussi le coup de génie d’éviter à l’Algérie les frais d’une autre révolution qui aurait porté encore une fois au pouvoir ceux qui finalement ne croient ni en la démocratie et ni aux institutions. Nous les voyons un peu partout dans ce « printemps arabe », qui s’installent en plein automne pour ne pas dire l’hiver, avec pour ambition première non pas la liberté d’expression, la vertu et les institutions démocratiques telles que instituées en Occident, mais d’ « orientaliser » le Maghreb et l’espace arabo-musulman et les réinstaller dans la nuit de l’obscurantisme et du Moyen-âge !

L’islamisme politique là où il a été victorieux et à l’exception de la Turquie, roule vers la réincarnation de l’absolutisme avec le modèle, culturel et social qui prévalait du temps du Califat avec son lot de décadence et d’immobilisme.

Les Arabes ont la mémoire courte et ils oublient que « l’homme malade » était bien la Turquie du califat jusqu’à l’avènement de Mustapha Kamel Attaturk, qui a certes, opéré dans la chirurgie et la douleur mais qui a finalement réussi à bâtir la Turquie moderne ascendante et prospère, aujourd’hui.

Il y a certes, lieu de reconnaître que finalement l’Algérie n’est ni l’Egypte, ni la Libye, ni la Tunisie où les dictateurs et leurs régimes corrompus se sont appropriés l’Etat et les ressources économiques et financières et où la seule voie possible pour les « dégager » était la Révolution. En Algérie, la corruption qui existe certes, n’a jamais atteint le seuil de la mise en possession de l’ensemble des ressources de l’Etat aux mains d’une famille ! La différence est énorme de ce point de vue.

Par ailleurs, les présidents, feu Boumédiène et M. Bouteflika ont toujours été vertueux à l’image de Bourguiba en Tunisie.

Il reste évident que l’Algérie a besoin d’un nouveau bon qualitatif côté institutionnel, et le Président a suffisamment de sagesse et d’expérience pour comprendre qu’il doit préparer la relève, la bonne, afin d’éviter à l’Algérie une rechute vers l’islamisme politique radical. Ali Ibn Abi Taleb disait « Al Fakr Kafer » (la pauvreté est mécréante) et l’Algérie a tout pour être riche, prospère mais aussi démocratique et libérale !

Bravo encore au peuple algérien frère pour ce coup de maître qui remet les pendules à l’heure au Maghreb tout entier jusqu’en Egypte.

Sa leçon magistrale c’est qu’il y a une autre voie que celle de l’extrémisme religieux pour le changement.

L’Algérie affiche son rôle de leader- moteur dans la région arabe où la démocratie vivante et tranquille doit vivre son siècle et non pas celui du Moyen-âge.

Quel espoir ! Un vrai cadeau du Bon Dieu par ces temps de grisaille !

 

Par Khaled Guezmir,  Le Temps: Le providentiel cadeau algérien !

 

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