Marzouki en MAURITANIE: Au nom de la démocratie dans le monde Arabe

La visite du Président Moncef Marzouki en Mauritanie a valeur de symbole. Ce démocrate chevronné a longtemps combattu pour la démocratie dans le monde arabe avant de prendre les rênes de la Tunisie d’après Ben Ali.

C’est au nom de cet engagement au service de la démocratie et des droits de l’homme que M. Marzouki fit partie des observateurs internationaux qui avaient supervisé l’élection présidentielle en Mauritanie qui porta au pouvoir un civil en 2007. Mais en aout 2008, un coup d’Etat militaire mené par le général Mohamed Ould Abdel Aziz interrompt le processus démocratique en Mauritanie. Invité à une conférence organisée à l’Assemblée Nationale française par l’opposition mauritanienne au putsch, M. Marzouki disait son admiration pour le processus démocratique en Mauritanie. « J’ai personnellement assisté aux élections en tant qu’observateur et je suis revenu absolument épaté et je dirais même jaloux. C’est surtout ceci qui nous a frappés : la capacité qu’ont les Mauritaniens de gérer un processus démocratique ». Depuis, M. Moncef Marzouki n’a eu de cesse de rappeler l’importance que la Mauritanie a « pour le monde arabe puisqu’elle a été pour nous un exemple tout à fait extraordinaire et un grand espoir suscité par un peuple qui était parmi les plus pauvres et les plus périphériques de la Nation Arabe et qui se permettait de nous donner une grande leçon de démocratie ».

On comprend dès lors pourquoi M. Marzouki s’est rangé du côté des opposants Mauritaniens après le coup d’Etat de 2008. Il signe alors une pétition avec une trentaine d’intellectuel arabes pour dénoncer la dictature en Mauritanie et au-delà dans le monde arabe. « Le coup d’Etat était une catastrophe au-delà de la Mauritanie, une catastrophe pour le monde Arabe. Nous nous sommes mobilisés parce que c’est une affaire qui nous intéresse à la fois en tant que démocrates et en tant qu’arabes accablés par des régimes autoritaires et des régimes qui nous ont amenés là où nous sommes c’est-à-dire à la queue des Nations ». C’est deux ans avant la vague des révolutions qui finirent par emporter certaines dictatures arabes, à commencer par celle de Ben Ali qui avait contraint l’actuel président Tunisien à l’exil. Son vœu de voir disparaître les dictatures dans le monde arabe en partie exaucé, M. Moncef Marzouki enfourche sa rossinante pour réveiller une Union du Maghreb Arabe dans un état comateux, principalement en raison des dissensions entre certains dictateurs. Pour y parvenir, le médecin Marzouki devra s’accommoder d’une situation politique qui n’évolue que modérément. La Tunisie et la Lybie ont accompli leur révolution ; le Maroc a réajusté son système politique avec des concessions notoires, l’Algérie hésite à mettre à jour sa révolution de 50 ans et la Mauritanie observe. Entre deux portes.

 

Abdoulaye Diagana, Kassataya, Moncef Marzouki et la Mauritanie : Au nom de la démocratie dans le monde Arabe

 

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