MAURITANIE: Aziz et les scénarii de la fin

Le présent texte est une analyse par le menu de l’exercice du pouvoir par l’actuel chef de l’Etat Mauritanien. Il fait également le point de la situation du pays.

La malchance a voulu que le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz,  ait accédé par effraction  aux commandes du pays au petit matin précédant les printemps des révolutions arabes alors que ses illustres prédécesseurs avaient, eux, inauguré l’ère de la régence militaire, en 1978, au milieu de la longue nuit peuplée de ténèbres qui vont les aider à perdurer au pouvoir.

Il y a là toute la différence entre celui qui s’abrite derrière l’épaisseur de l’obscurité et celui que la lumière de l’aube naissante découvrira inéluctablement. Ainsi, en plus du timing congénitalement défavorable, le pouvoir d’Ould Abdel Aziz souffre de lourdes tares aussi bien structurelles que fonctionnelles qui ne manqueront pas de hâter son départ en vue de l’instauration à sa place d’une démocratie civile véritable.

Les feuilles mortes. Il est bien possible qu’Aziz ait tenu, entre les mains, quelques cartes conjoncturelles. Mais à regarder d’un peu près, ces cartes s’apparentent aujourd’hui aux feuilles de l’automne que les puissants vents dominants font tournoyer dans tous les sens. La majorité des points forts du régime d’Aziz sont purement conjoncturels et ne peuvent, en aucun cas, constituer un socle de pérennisation.

L’un des premiers atouts de ce pouvoir était sa relative nouveauté. Les révolutions populaires s’en prennent rarement aux régimes nouvellement installés. Une prime à la nouveauté qu’on appelle communément état de grâce. L’usure et la lassitude sont des motivations classiques des révoltes populaires. La nouveauté de son pouvoir aurait pu être, n’eut été le peu de clairvoyance, un atout entre les mains d’Aziz. Mais il grillera cette carte à la vitesse de l’éclair.   Il l’a dilapidera, à l’intérieur, par l’amateurisme dans ses nominations, la médiocrité dans ses choix politiques et l’incurie de ses orientations financières. A l’extérieur, il brillera par sa cécité diplomatique et son affligeante ignorance des relations internationales et de l’histoire du monde.

Son deuxième atout était sa prédisposition quasi servile à suppléer les pays du Nord de l’Europe dans la défense de leurs intérêts que malmènent Al Qaida et le spectre de l’immigration clandestine, contre rémunération sonantes et trébuchantes mais aussi contre le sacrifice de vies mauritaniennes abandonnées dans les plis des dunes du Sahara. Cette carte commence à être un peu éculée depuis que les Européens ont compris, instruits par les habitants du petit village tunisien de Sidi Bouzid, que les peuples du sud de la Méditerranée ne voulaient plus être instrumentalisés et qu’ils ne collaboreront avec eux que dans la mesure que leurs dictent leurs intérêts nationaux bien compris. C’est l’un des miracles des printemps arabes que les Européens commencent à intégrer la nécessité d’un nouveau pacte de coopération basé sur des rapports d’égal à égal. Ils ont enfin compris qu’il était hasardeux de compter la volonté des peuples pour quantité négligeable et ont décidé de renoncer aux anachroniques rapports entre anciennes colonies et ex colonisateurs.

 

(Article de Mohamed El Moktar Echeinghuity, traduit du site d’Al akhbar, http://www.alakhbar.info, par KASSATAYA. La rédaction de Kassataya ne partage pas nécessairement les opinions qui y sont développées).

 

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