Les Pays africains dans la crise libyenne

On pourra tout dire sauf que le Burkina Faso s’est inscrit au rang des pays qui ont défendu bec et ongles la Libye de Kadhafi contre l’agression dont elle a été  victime. Ce privilège est réservé à des pays comme le Zimbabwe, l’Afrique du sud…

Pourtant beaucoup auraient aimé qu’en raison du passé, des liens étroits qui ont uni Blaise Compaoré et Kadhafi, le Burkina Faso soit le porte-flambeau des défenseurs de la liberté de la Libye. Il n’aurait pas, au demeurant, semblé usurpateur en assumant ce rôle puisqu’au plus fort de l’embargo contre la Libye, il a été le premier pays à l’avoir bravé pour aller exprimer sa fraternité à Kadhafi, le banni d’alors de la communauté internationale. Mais voilà les temps changent et avec eux les alliances et les fraternités. Il s’est trouvé qu’au moment où la France et les Etats- Unis ont décidé de faire sa fête à Kadhafi, beaucoup de relâchement avait été constaté dans les relations des deux frères inséparables. On expliquait au Burkina Faso que la mégalomanie de Kadhafi y était pour beaucoup et que son refus de suivre les conseils de son frère subsaharien (qui n’a pas manqué à l’occasion de le prévenir contre son éviction du pouvoir s’il ne gérait pas mieux son pays) ont fini de consommer l’entente cordiale entre les deux hommes d’Etat.

Mais certains autres estiment que le rapport de force était tel entre les grandes puissances et la Libye, qu’il n’était pas recommandé à un chef d’Etat sage, désireux de se préserver des foudres des puissances intervenantes en Libye, de faire de l’excès de zèle en faveur de Kadhafi. Le sort réservé à Laurent Gbagbo était là comme un clignotant pour les plus sceptiques. Qu’à cela ne tienne, en Afrique comme au Burkina Faso, il en a existé et il en existe toujours qui estiment que pour une question de principe, pour le souci de la dignité de l’Afrique, de la défense de l’union africaine, la solidarité avec la Libye aurait dû être exaltée. Cela en général aura prouvé la position prise par Jean Ping et l’union africaine à travers leur option de faire prévaloir une solution africaine à la crise libyenne.

Ils n’ont certainement pas réussi puisque la solidarité africaine a fait défaut en la matière, mais l’histoire leur sera gré d’avoir affiché une telle position. Aujourd’hui Jean Ping rappelle cette prise de position en ces termes: » l’union africaine ne pouvait pas déclarer la guerre à la France et aux Etats Unis lorsque ces pays l’avaient marginalisé dans la résolution de la crise Libyenne. » Peut-être quelque part est-ce pleurer sur le lait répandu, mais l’on observera qu’il rappelle au passage que c’est une action de force qui a été exercée en Libye, par le plus fort contre le plus faible, mais que c’était aussi un acte de mépris souverain de l’Afrique, de déconsidération de sa dignité que de décider par-dessus sa tête de régler contre son opinion un problème domestique.

Jean Ping sera bien reçu au Burkina Faso, par tous ceux qui n’ont pas encore digéré les conditions de la guerre contre la Libye et le crime de guerre commis à l’encontre de Kadhafi, dont les preuves surabondantes attestent que les puissances de l’OTAN en étaient les maîtresses d’œuvre.

 

Khadija. San Finna: Crise Libyenne, Jean Ping recadre incidemment la politique du Burkina Faso

 

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