TUNISIE: Partis politiques et course à la chaise

Le climat sociopolitique s’est, soudain détérioré, de nouveau, et on assiste à une nouvelle « takhmira » tous azimuts, à laquelle participent les principales corporations et les composantes de l’échiquier national.Le climat sociopolitique s’est, soudain détérioré, de nouveau,  et on assiste à une nouvelle « takhmira » tous azimuts, à laquelle  participent les principales corporations et les composantes de  l’échiquier national.

Les partis politiques se donnent des leçons et tirent les uns sur les  autres tout en critiquant le gouvernement transitoire, la Haute instance  pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme  politique et de la transition démocratique, le système judiciaire, le  ministère de l’Intérieur.
L’Instance de Ben Achour critique les partis, les médias et la justice…
Les magistrats critiquent le gouvernement, le ministère de la Justice,  s’accusent entre eux et semblent vouloir trainer plus d’une centaine  d’avocats devant les tribunaux.
Le collectif des 25 avocats critique le système judiciaire et accuse un bon nombre de magistrats de corruption.
Les médias et les journalistes s’attaquent les uns les autres tout en assurant qu’ils sont en possession de dossiers accablants.
Et tout ce beau monde assure que les preuves existent et qu’il les  détient, mais jusqu’à présent, personne n’a présenté de preuves  tangibles et fortes pour entre prendre des procès en béton. Et le comble  est que toutes ces accusations, voire ces diffamations sont étalées au  grand public dans l’impunité la plus totale.
C’est à croire que la notion d’Etat n’existe plus et que tout un chacun  se croit tout permis avec le règne de la loi de la jungle.
En effet, c’est celui qui crie le plus fort et crie le premier qui a souvent raison.

Ce branle-bas a été déclenché suite à la remise en liberté de Béchir  Tekkari, ancien ministre de la Justice et le départ de Saïda Agrebi à  l’étranger et la décision de remettre en liberté Abderrahim Zouari,  ex-ministre du Transport.
Du coup, les avocats menacent, certains partis menacent, les magistrats,  plus précisément leur Association (AMT) menacent. Elle assure même  qu’elle n’hésitera pas à déclencher une grève illimitée, alors que selon  les lois et le statut de cette corporation, le débrayage est interdit.  Même dans les pays les plus démocratiques du monde.

Mais ce qui nous frappe le plus est le comportement des partis qui, plus  l’échéance du 23 octobre approche, plus ils font du bruit et  multiplient le bruit pour montrer qu’ils sont là. L’exemple le plus  frappant nous vient du CPR qui se met à donner des leçons à trois des  principaux partis du moment alors qu’il n’y a pas si longtemps, il  faisait du suivisme à Ennahdha en signant systématiquement tous ses  communiqués et en lui emboîtant le pas dans toutes ses prises de  position.
Alors, on critique les campagnes publicitaires de certains partis dont  notamment le PDP, on fustige les « couffins de ramadan » d’Ennahdha, à  l’instar de ce qui se passe dans les pays du Golfe, et l’émission  d’Abdelfattah Mourou sur Hannibal TV, on critique Ettakattol, le PDP et  l’UPL pour leur approche de marketing à l’occidentale.
On fait un procès d’intention à un groupe d’autres partis de faire  semblant de « somnoler » alors qu’ils préparent une coalition de  dernière minute. On n’admet pas qu’un tel parti bénéficie de x milliards  alors qu’un autre ne dispose que de quelques dizaines de millions.

Et oui. La logique de ces petits partis est que toutes les formations  partent à pied d’égalité matérielle et financière pour qu’on aboutisse,  après la Constituante, à un gouvernement d’union nationale.
Or si le but est de constituer un gouvernement d’union nationale,  pourquoi tout ce processus électoral que tout le monde veut démocratique  afin que les prochains gouvernants soient le reflet du poids des  différents partis politiques.
Alors, on continue de critiquer, d’accuser et de s’accuser. C’est dire  que tout le monde fait sa course à la chaise, quitte à obtenir un simple  strapontin. L’essentiel est d’avoir sa part de gâteau. Le principe est  compréhensible, légal et légitime dans la mesure où, par définition,  tout parti politique aspire à parvenir au pouvoir. C’est la règle du jeu  démocratique et de l’alternance.
Or, certains partis politiques, ou du moins ceux qui crient fort,  semblent privilégier, ce qu’on appelle la garantie des quotas. Mais si  c’est le résultat auquel on veut et on tient à le voir abouti, pourquoi  ce scrutin du 23 octobre ? Il n’y a qu’à opter pour les désignations  dites « consensuelles » comme cela a été le cas pour la fameuse Instance  d’Iyadh Ben Achour.

Finalement, il n’y a que les membres du gouvernement transitoire qui ne  crient pas et continuent à travailler dur pour mener la barque  révolutionnaire à bon port. Et dire qu’on soulève une montagne (à  raison) pour le départ à l’étranger d’une Saïda Agrebi alors qu’aucune  voix parmi les partis ne s’est élevée pour évoquer les drames de  Jebeniana et d’El M’satria !
A ce point, les partis politiquent « s’en foutent » de la dégradation du  climat sécuritaire et de ses inévitables répercussions négatives sur la  situation économique ?!
Pourtant, et sans vouloir faire le culte d’aucune personnalité, si la  Tunisie jouit, en cette étape, d’un soupçon d’accalmie sécuritaire et  d’une marche économique acceptable, ce n’est sûrement pas grâce aux  partis politiques, mais bel et bien à l’œuvre d’une équipe  gouvernementale qui travaille d’arrache-pied pour accomplir sa mission  transitoire de gestion des affaires du pays en dépit du poids  supplémentaire subi avec la situation alarmante dans le sud du pays à  cause de ce qui se passe chez le voisin libyen.

 

Tunisie – Partis politiques et course à la chaise

 

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