LIBERIA : Le Nobel, coup de pouce à Sirleaf ? Pas si sûr

Le jury d’Oslo qui décerne le « Prix Nobel de la Paix » a encore surpris plus d’un cette année en décernant sa prestigieuse récompense à des lauréates que l’on n’attendait pas forcément à ce rang.

 

A quatre jours des élections générales au Liberia, ce sacre est loin de baliser la route à un nouveau mandat présidentiel à l’ancienne ministre des Finances de son pays : Mme Ellen Johson-Sirleaf.

Que cela donne du baume au cœur, en tant qu’Africain, de savoir qu’une fille de ce continent meurtri de toutes parts est honorée à l’échelle mondiale. Surtout que l’Afrique vient de perdre sa première lauréate dans ce Prix convoité aux quatre coins du monde : Mme Wangari Maathaï. Indirectement, Mme Sirleaf vient ainsi de reprendre le flambeau de la célèbre et défunte amoureuse de l’Environnement du Kenya.

Dans le contexte libérien, le Nobel co-partagé par l’ancienne fonctionnaire des institutions de Bretton Woods (Mme Sirleaf) a cependant une toute autre saveur…

Un remake de la présidentielle de 2005 au pays de Samuel Doe ?

De l’avis de plusieurs analystes qui ont scruté à la loupe le premier mandat de Mme Sirleaf, le Liberia qui vient d’être ravagé par 14 années d’une violente guerre civile a connu nombre de mutations macroéconomiques. Ces spécialistes insistent entre autres sur la lutte acharnée contre la corruption qu’a menée l’ancienne responsable régionale du Pnud. En l’espace seulement de six ans. « Bravo », est-on tenté de dire, comme « le standing ovation » que le Congrès américain a réservé à la première femme chef d’Etat en Afrique ! Mais tout cela, en réalité, ce n’est que le côté « cour » du régime de Mme Sirleaf surnommée « iron lady (dame de fer) ».

Côté « jardin », en six ans de « Sirleafisme », le bas peuple libérien n’a jamais réellement profité de la convalescence en cours de son pays qui est l’un des rares Etats africains à n’avoir jamais connu la colonisation occidentale… Les chantiers étaient certes immenses au début du premier bail présidentiel d’E. Sirleaf. Cependant, sa carrure d’intellectuelle à tous crins semble l’avoir distancé du bas peuple de son pays. Un peu comme les conditions dans lesquelles elle est parvenue au pouvoir ! Officiellement, la septuagénaire libérienne a battu au second tour en 2005 le virtuose du foot africain, Georges Oppong Manneh Weah.

Toutefois, c’était à l’issue d’un retournement de situation électorale digne des grandes œuvres « shakespeariennes », puisqu’au premier tour, l’unique « Ballon d’or de la Fifa en Afrique (G. Weah) » avait battu à plate couture Mme Sirleaf. Des confidences diplomatiques et médiatiques confieront plus tard que les partenaires occidentaux du Liberia ne faisaient pas confiance au talent de gestionnaire de G. Weah, car ce dernier n’a jamais fait d’études supérieures. Du coup, un transfert voilé et indirect de victoire électorale avait marqué, dans le plus grand silence international, l’élection de Mme Sirleaf.

 

AfriScoop, Hilarion Dembele: Le Nobel, coup de pouce à Sirleaf ? Pas si sûr

Voir aussi: Le Nobel de la paix décerné à la présidente du Liberia et à deux militantes des droits de l’homme

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